L’esprit du dorodango est très proche de la pratique du zen, même si cette activité n’est pas une discipline zen traditionnelle. Leur connexion par contre, vient de l’expérience intérieure qu’elle génère

  • Les gestes demandent une présence totale, on parle de pleine conscience. Cela consiste à focaliser son attention sur ce qui se passe à l’instant même où vous réalisez votre boule de conscience. Il n’est pas question de ruminer le passé ou de s'inquiéter de l'avenir - regardez passer vos pensées et concentrez vous sur vos sens (vue, ouïe, toucher) et respirez en vous concentrant plus sur l’expiration que sur l’inspiration (qui se fait assez naturellement finalement).

    Plusieurs personnes, me disent qu’ils n’arrivent pas à ne pas penser quand il est question de fermer les yeux, s’ancrer et respirer. Le moyen le plus simple pour vous préparer à cela c’est de vous imaginer telle une montagne (et oui!) Souvent les montagnes se font envahir par les nuages. Les tempêtes peuvent être terribles en montagne. Mais dites-vous que les nuages (ou que cette tempête) finissent toujours par passer. Iels ne sont jamais éternels au même titre que votre esprit qui devient lui aussi plus clair et dégagé.

  • Le zen invite à ne plus se percevoir séparé du monde. Avec le dorodango, vous utilisez la terre qui se trouve sous vos pieds et qui est l’élément d’ancrage pour l’homme. Seulement voilà, nous avons perdue ce contact précieux avec la terre et nos pieds et Il ne nous reste d’ailleurs plus que nos mains pour ressentir et bien souvent nous en oublions leur potentiel. Posez-vous la question ? Sentir - C’est un rituel d’ancrage, une façon de revenir à soi et de retrouver une sensation d’appartenance au monde. Nous portons en nous l’écho de tous ceux qui ont marché, touché, construit avant nous. Lorsque vous façonner votre boule de conscience, chaque geste est une invitation à ralentir, à être attentif aux sensations sous notre paume et sous nos doigts. On apprend à sentir plutôt qu’à contrôler.

  • Soyons tout à fait honnête, le dorodango n’a aucune utilité pratique. Sa valeur est dans le processus lui même et dans l’intention que vous voulez y mettre. C’est aussi ça, l’esprit zen : agir pour agir, sans recherche de résultat. Soyez juste honnête avec vous même lorsque vous réaliserez votre boule de conscience.

L’esprit mushotoku m’apprend : agir sans chercher à obtenir, sans chercher à plaire, à convaincre, à mériter. Polir une sphère sans attendre de résultat, c’est comme offrir une pause à cette partie de moi qui pense devoir se justifier en permanence.
Dans ce geste lent, je me surprends à exister sans but, sans performance.
Je suis juste là avec ma boule **magique**... elle m’a transformée.
Et ça, pour moi, c’est profondément thérapeutique.

Dans cet espace sans enjeu, je redécouvre ce que je suis quand je ne suis plus en train de courir après la validation des autres. Je fais ça, parce que ça me fait du bien, parce que ça me relie à quelque chose de plus calme/de plus vrai.

C’est peut-être ça que j’aimerais partager à travers les ateliers : un endroit où l’on dépose, un instant, l’envie de plaire… et où l’on laisse la terre nous apprendre doucement une autre manière d’être au monde.

Quand j’ai commencé à lancer ma page instagram, j’ai beaucoup mis l’accent sur le fait d’y mettre une intention, de profiter de cet occasion pour développer un qualité en vous et vous allez vous dire en me lisant que cela est un petit peu contradictoire - et bien non !

Le mushotoku ne rejette pas l’intention, il rejette l’attachement au résultat. Ce qui veut dire, tu peux avoir une intention de présence, d’ouverture ou de patience mais tu ne façonnes pas ton dorodango pour forcément atteindre cette qualité. Une chose est de dire : je fais ça avec calme et une autre est de dire : je vais devenir calme grâce à ça.

DONC si vous avez l’envie de participer à un atelier dorodango rappellez-vous :

“Je fais ce dorodango pour être ... >>>> non non non et non !

“Je veux que ma boule soit parfaite ...” >>> et ben non plus !

Par contre, ce qui est “mushotoku compatible” :

“ j’ouvre la porte à la patience...” rien que de le dire ça fait déjà du bien, tu trouves pas?

“j’observe ce qui se passe en moi et ça me suffit”

“j’écoute ce qui se passe sans interpréter”

Une illustration noire et blanche d'une scène de forêt avec un cerf et une loupe.